Le secret de la réussite de l’accompagnement

La plupart des accompagnants pensent que le secret de la réussite est dans la technique et les outils utilisés. Alors comment expliquer que les clients changent d’accompagnant parfois plusieurs fois à l’intérieur même d’un domaine/outil/démarche ? Comment expliquer qu’avec les mêmes outils ou techniques apprises, deux accompagnants avec la même formation n’obtiennent pas les mêmes résultats ou réussites avec leurs clients ? Comment expliquer que les clients arrivent au même résultat avec plusieurs types de démarches, parfois diamétralement opposées ?



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L'outil utilisé n’est responsable qu’à hauteur de 15 % dans la réussite de l'accompagnement, selon les recherches. Oui, je le répète, quinze pourcent. Mais alors qu'est ce qui compte ?

Le secret oublié

De nombreuses recherches corroborent l’idée que ce n’est pas seulement l’approche qui aide les gens, mais aussi et SURTOUT la relation entre le conseiller et le client.

Le diagramme de Lambert visualise les facteurs qui permettent à un client de changer. Ce diagramme suggère que l’approche thérapeutique – appelée ” facteurs liés à la technique et au modèle ” dans le diagramme – n’est responsable que de 15 % de l’amélioration d’un client en thérapie. Alors que 30% de cette amélioration est imputée à la relation entre le thérapeute et le client. Cela  signifie donc que la relation thérapeutique est deux fois plus importante que l’approche utilisée par le thérapeute.

Lambert (1986, 1992), après un examen approfondi de la recherche sur les résultats sur plusieurs décennies, a identifié quatre facteurs thérapeutiques. Il les a classés selon l’importance sur la base de leur contribution estimée en pourcentage dans le résultat.

Ces quatre facteurs sont les suivants :

  • facteurs extrathérapeutiques (40 %),
  • le modèle ou la technique (15%)
  • les espoirs, les attentes et le placebo (15%)
  • les facteurs relationnels (30 %).
Le secret de la réussite de l'accompagnement

Facteurs extra-thérapeutique et facteurs client

Ces facteurs englobent tout ce qui affecte l’amélioration indépendamment de l’accompagnement. Comme tout thérapeute le sait, les clients viennent en thérapie avec des degrés variables de motivation et de ressources internes et externes.

Une fois que les clients sont en accompagnement, des événements indépendants de la volonté du thérapeute et du client se produisent, et ces événements influencent le résultat.

La recherche a démontré l’importance de la préparation des clients au changement, les forces, les ressources, le niveau de fonctionnement avant le traitement, le réseau de soutien social existant, le statut socio-économique, la motivation personnelle, etc.

Il est primordial d’adapter sa démarche au client et de  “commencer là où le client en est arrivé” –  toujours selon les recherches, la réussite dépend en grande partie de la capacité d’adaptation et d’individualisation de l’accompagnant. En termes pratiques et sans idées préconçues, cela signifie organiser le travail autour du client : qui il est et ce qu’il veut, ce qui constitue et influence les circonstances de sa vie.

Cela signifie également que l’on ne peut plus présupposer que les thérapeutes savent ce qui est le mieux pour leurs clients. Ces derniers le savent bien mieux ! A nous de nous adapter et de travailler avec.

Techniques et outil

À la base, les facteurs de modèle ou de technique induisent des attentes positives et aident le client à participer à des actions saines et utiles. Communs à toutes les prises en charge, ils offrent au client une explication appropriée de ses difficultés et proposent des stratégies de résolution des problèmes.

Les comparaisons entre les techniques ont révélé une faible différence d’efficacité et une contribution globale pour la réussite autour de 15 % au total.

Au final, le rôle de l’outil est quelque sorte comme celui du ciment : il sert à rassembler le client et l’accompagnant autour de la foi dans le pouvoir réparateur de la démarche proposée. L’outil inspire et engage les participants, et contribue à ce titre à la réussite.

Les espoirs et les attentes

Selon les recherches, l’accompagnement est effectif en partie par l’activation et le fonctionnement du placebo, c’est-à-dire des espoirs et des attentes que le client place dans sa démarche. En effet, lorsqu’un placebo ou une condition techniquement inerte est offert d’une manière qui favorise les attentes positives d’amélioration, il produit de manière fiable des effets presque aussi importants qu’un traitement authentique. Les espoirs et les attentes seraient selon les recherches responsables à 15 % de la réussite.

Facteurs relationnels : Relation thérapeutique et alliance

Parmi les facteurs directement liés à la réussite, l’un des plus importants est la relation thérapeutique (40 %), qui englobe tous les aspects de l’accompagnement que l’on retrouve dans toutes les démarches, quel que soit le fondement théorique.

Les preuves de la puissance de l’alliance sont reflétées dans plus de 1 000 résultats de recherches : les chercheurs ont constaté à maintes reprises qu’une alliance positive est l’un des meilleurs prédicteurs des résultats.

Parce que l’alliance implique un accord sur les tâches et les objectifs de l’accompagnement, il n’est pas vraiment possible de former une alliance adéquate sans traitement ; c’est-à-dire que l’alliance se forme dans le contexte du traitement. En quelque sorte, l’outil ou la technique sert pour favoriser la collaboration et forger l’alliance, et l’alliance en garantit l’aboutissement..

Le "facteur thérapeute"

Les preuves disponibles montrent que le thérapeute est le facteur prédictif de résultat le plus solide de tous les facteurs jamais étudiés. La recherche confirme ce que tout le monde sait, mais en même temps elle ne veut pas forcément reconnaître ou l’explorer : certains thérapeutes sont plus efficaces que d’autres.

Les clients des thérapeutes les plus efficaces, par exemple, ont 50 % moins d’abandons et 50 % plus d’améliorations que les clients des thérapeutes lambda, indépendamment de la démarche/outil utilisé.

Malheureusement, les caractéristiques ou les actions des thérapeutes les plus efficaces ne sont pas vraiment connues. En tout cas, on sait qu’il ne s’agit pas du nombre de diplômes, de la discipline professionnelle, de l’utilisation de théories spécifiques, de l’outil utilisé, ni de l’âge ou du sexe du thérapeute…. mais plutôt des facteurs nommés plus haut : la qualité relationnelle et l’alliance. C’est-à-dire que les meilleurs thérapeutes forment de meilleures alliances avec un large éventail de clients. Ce résultat suggère que le fait d’aider les thérapeutes à construire de bonnes relations avec leurs clients peut représenter un potentiel non négligeable d’amélioration des résultats des accompagnements.

SE FORMER - à la relation

Vu que les outils ne représentent que 15 % de la réussite dans votre travail, il est peut-être temps de repenser vos priorités. Avons-nous véritablement besoin de cette énième formation sur ce énième nouvel outil ? Certes, intellectuellement cela peut être intéressant, mais cela ne révolutionnera sans doute pas notre travail. Puisqu’on restera toujours dans les 15 %… 

Alors au lieu de cela, nous pouvons nous focaliser sur les facteurs qui entrent véritablement en jeu dans l’issue de l’accompagnement : sur des formations qui transmettent des savoirs et des savoir-être quant à la relation (30%) et du savoir-faire pour favoriser la participation du client dans sa démarche (40%). Là, vous aurez du coup un véritable impact positif, car on parle bien de 70 % d’impact au total.

L’établissement d’une relation d’accompagnement solide ne se limite pas à préparer le terrain pour le travail à venir ; c’est une partie importante du travail curatif. Les praticiens doivent établir et maintenir une relation de travail solide avec les clients et être prêts à s’adapter aux caractéristiques uniques de chaque client.

Ils devraient aussi :

– reconnaître et mobiliser délibérément les forces d’un client ;

– être à l’aise avec le fait que les clients peuvent trouver des moyens uniques et non planifiés de créer des changements positifs qui ne sont pas décrits dans les manuels ;

– promouvoir la participation active du client au traitement et à son rétablissement, par opposition à un rôle de patient plus passif, typique du modèle médical ;

– considérer le client comme un apprenant actif et volontaire qui est capable de changement, du moment qu’il vient au rendez-vous ;

– adapter et individualiser sa démarche pour le client afin de renforcer sa participation, sa motivation et ses forces.

La bonne nouvelle

Tout cela peut s’apprendre à n’importe quel moment de la vie d’un accompagnant. Ce sont des compétences de premier ordre, qu’on peut cultiver et améliorer tout au long de notre parcours professionnel.

Pour les personnes qui travaillent avec les outils extraordinaires du Profilage Alimentaire, de la naturopathie ou encore de la diététique, la formation Thérapie Alimentaire pose les bases d’un accompagnement centré sur le client et sur ses références, qui exploite au mieux ses forces et ses ressources existants et favorise ainsi le changement écologique et durable. Le but est de transmettre les connaissances, les compétences, le savoir-faire et le savoir-être en lien avec la relation et d’apprendre à créer une alliance pour que que l’accompagnant devienne plus efficace dans son travail et que moins de clients abandonnent en cours de route et finissent le travail avec plus de résultats satisfaisants.

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Sources

  • Asay, T. R., & Lambert, M. J. (1999). The empirical case of the common factors in psychotherapy: quantitative findings
  • L’essence du changement: Utiliser les facteurs communs aux différentes psychothérapies
  • de Barry Duncan, Mark Hubble, et al., 2012
  • L’alliance thérapeutique, sous la dir. d’Edouard Collot, Dunod, 2011
  • Le client, l’héro de la thérapie, Scott D. Miller, Barry L. Duncan, 2009
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