La destruction massive des femmes via… des bonnes intentions

Pensées sur la méditation et le végétarisme montrés comme unique voie de salut

Lors d’une retraite de yoga Pandit Vishnu m’a libérée : à ma question comment je peux méditer, de faire plus de yoga ou de pratiquer un autre exercice dans mon quotidien, il m’a répondu : tu n’as pas besoin de te tracasser, tu es mère.

Pendant des années je me suis efforcée de manger végétarien, de méditer, de faire du yoga ou du qi gong, parfois même au détriment de mes enfants. Je pensais que la seule voie de salut venait de la méditation, des exercices, des retraites, de la spiritualité. Et en faisant tout cela, j’ai oublié l’essentiel, je me suis perdue. Je suis devenue hypoglycémique, dépressive, j’ai fait un burn out et surtout, je passais mon temps à me culpabiliser pour tout.

En passant pas mal d’heures au lit (pour prendre des forces et pouvoir descendre les 14 marches qui menaient à la cuisine), j’ai eu le temps de bien cogiter. Je me suis rendue compte que quoi que je fasse, j’existe bel et bien. Et mon existence nuit aux autres : je prends de l’air, de la place, je vis dans une maison au détriment de la nature, j’utilise une voiture, je pollue, je mange, je respire. Tout cela se passe au détriment d’autres êtres vivants. C’est terrifiant comme idée et j’ai mis des mois à m’y habituer.

destruction des femmes

Puis, petit à petit, un rayon de soleil s’est mis à réchauffer mon coeur. Non, je ne peux pas être parfaite, non, je ne peux pas ne pas nuire, ne pas prendre de place, ne pas respirer, ne pas manger. Mais je peux faire de mon mieux. Avec du respect et de la gratitude envers tout le monde, y compris moi-même. (si vous soupçonnez que la pleine conscience est passée par là, vous avez raison) Alors, j’ai commencé à m’écouter et à me respecter et je me suis rendue compte que sans mon steak je ne peux ni subsister, ni méditer, ni faire du yoga. Autrement je suis hyperactive, je fais cent choses à l’heure, j’ai des malaises, je suis irritable et je n’ai aucune énergie. Triste réalité, n’est-ce pas? Il m’a fallu des mois pour l’accepter, je me suis toujours efforcée de revenir vers quelque chose de plus « éthique », avec à chaque fois une rechute . Il fallait me rendre à l’évidence. Si je veux vivre, je dois choisir. En gros, soit je choisis de dépérir, soit j’accepte les besoins de mon corps.

Heureusement, je suis tombée (il n’y a pas de hasard, n’est -ce pas?) sur le livre de Lierre Keith sur le mythe végétarien. Et j’ai vu que je n’étais pas la seule avec ce dilemme. Puis le côté écologique de mon végétarisme a subi un séisme sérieux avec la lecture du bouquin de Simon Fairlie : La viande, une extravagance inoffensive. Et là, c’était énorme : tout ce que je fais au nom de la planète, nuit à la planète? Dur-dur à encaisser. Restait le côté éthique pas traité chez Simon Fairlie. J’ai reçu mes réponses de l’agriculture bio-dynamique, au cours de rencontres avec des éleveurs ayant un total respect envers leurs animaux, et aussi d’autres lectures comme l’histoire de Daniel Zetah, ancien militant Greenpeace reconverti en éleveur en Australie,  et encore des pensées de Andrew F. Smith qui démontre l’insoutenabilité philosophique du végétarisme.

Je veux juste poser une chose. Je n’ai rien contre le végétarisme et cela ne me dérange absolument pas qu’il y ait des gens qui ne mangent pas de viande. En tant que thérapeute alimentaire je sais qu’il y a des profils à qui cela convient à merveille. Ce qui me rend triste, c’est de voir dans mon bureau une nouvelle génération, surtout des femmes de 25-35 ans, qui, déjà à cet âge, atterrissent en face de moi avec des symptômes qu’elles ne devraient pas avoir. Troubles du comportement alimentaire, fatigue chronique, perte de cheveux, infertilité, troubles du sommeil majeurs, perte musculaire, ostéoporose, règles absentes ou douloureuses, dépression pour n’en nommer que quelques-uns. Toutes ces jeunes femmes ont des yeux qui brillent quand elles parlent avec ferveur de leurs convictions, de leurs projets, de leur avenir. Mais le corps ne suit plus. Et si elles n’ont pas la force, comment l’avenir sera-t-il bâti ? Comment auront-elles des enfants en bonne santé, comment pourront-elles les élever et avoir une vie de famille heureuse ? Comment vont-elles pouvoir changer le monde, comme elles en rêvent toutes ?

J’ai envie de leur dire qu’elles se sont trompées de bataille. Qu’il est essentiel d’avoir des idéaux, mais qu’il faut les confronter avec la vie, ici et maintenant. Et si jamais ce n’est pas probant, il faut avoir le courage de changer, de dire que c’est super, mais que cela ne leur convient pas. Mais bien entendu, cela n’est pas possible de le leur dire. Alors je l’écris. Que mon intention soit entendue de par le monde et amène l’information aux oreilles attentives. Les jeunes, faites vos expériences, rêvez à un monde meilleur et on sera là pour vous quand vous en aurez besoin, comme le dit Christiane Singer.

en paix

Cet article est un plaidoyer pour la tolérance. Un plaidoyer pour les femmes, pour les mamans ou les futures mamans et aussi pour assurer le bon équilibre d’une famille ou d’une société. Pour les hommes c’est différent. Ils ne portent pas d’enfants, ils n’accouchent pas et en général n’élèvent pas des enfants tout en travaillant à 200%. Ils sont peut être plus robustes ou moins sujets aux aléas alimentaires. (Quoique… je vois de plus en plus de jeunes hommes de moins de trente ans en fatigue chronique. Let them eat meat – but farm it properly – comme on dit outre-mer.) Si vous êtes un homme en faveur du végétarisme, je vous demande de considérer que la culpabilisation des femmes par rapport à la nourriture (si vous saviez à quel point elles se culpabilisent déjà!!)  a des conséquences graves pour  la santé, pour la société et pour le futur. Faites plutôt comme Vishnu : libérez les femmes, et on vivra dans un monde meilleur. (comme le dit Ohso : Women’s liberation is automatically men’s liberation. Women’s slavery is automatically men’s slavery. Eh oui, c’est la femme qui cuisine en général !)

Je ne peux parler que de moi, ce que je dis n’engage que moi. Mais depuis que j’ai fait ce cheminement, le monde me semble plus paisible et je me sens plus paisible. Je vis bien avec moi même et je vis bien avec le monde.

En tout cas, pour moi, à partir de cette phrase de Vishnu, le puzzle s’est mis en place petit  à petit, tout seul. Un subtil équilibre s’est installé et je me sens bien en tant que mère, je me sens bien en pratiquant la pleine conscience quand j’épluche les carottes ou quand je me brosse les dents. Et plutôt que de me poser des questions éthiques intellectuelles, je choisis soigneusement où j’achète mes aliments et je pratique la gratitude en toute circonstance. Ma santé corporelle et mentale s’en trouve grandement améliorée.

Gabriella Tamas - Alimentation Intégrative

 

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