Acceptation et lâcher-prise

En début d’année beaucoup de choses ont changé pour moi. Nous avons déménagé, j’ai eu mon nouveau cabinet, j’ai commencé et achevé une formation MB-EAT (Mindfulness based eating awareness training) dont je rêvais depuis longtemps et ma fille a eu des soucis de phobie scolaire. Bien entendu tout ça en plus d’un quotidien déjà bien chargé avec les consultations, formations, écriture, famille etc etc etc.

Pour faire face à la phobie de ma fille,  j’ai cherché des solutions au début : thérapies, brèves et moins brèves, livres, connaissances, médecins, psys, méthode tipi, et j’en passe. J’étais épuisée par le fait de devoir supporter les crises, d’aller au collège pour la déposer et de revenir avec elle, de devoir organiser ma vie professionnelle et notre vie familiale autour de son problème, de ne pas avoir du temps, de répit. Je voulais en fait une solution. Et si possible une solution rapide.

Acceptation et lâcher prise

Photo by Milada Vigerova

 

La solution se faisait attendre, aucune des démarches entreprises n’a apporté de solution immédiate. La tension montait et je pense que j’ai survécu à cette période de stress intense uniquement grâce à mon mari et à la méditation (que je pratiquais chaque matin avant le lever de la famille), méditation qui faisait d’abord partie de ma formation, puis que j’ai conservée et renforcée parce que je voyais que ça me faisait du bien à tous les niveaux.

A un moment donné, après un pic particulièrement intense de stress, tout est devenu calme. A l’époque j’ai exprimé cela en disant  que j’étais devenue intolérante au stress : je ne pouvais plus en encaisser. En tout cas cela faisait cet effet. Puis petit à petit j’ai commencé à voir qu’il s’agissait d’autre chose… En fait, j’encaissais le stress avec un calme inperturbable, en me disant, que j’allais gérer et j’étais convaincue intérieurement que de toute façon je pouvais tout gérer …. d’une façon ou d’une autre.

C’est à cause de cette sensation que j’ai osé entreprendre un voyage en avion avec ma fille , puis en bus, c’est ainsi qu’on a assisté à une grande fête de remise de diplôme à 5h de route de chez nous, dans une salle bondée de personnes, où au premier abord elle refusait d’entrer, faisant une crise de panique ; c’est ainsi qu’on a pris les transports en commun dans une grande capitale européenne. Et je gérais ses crises d’angoisse, de panique, de larmes, tout en restant calme et rassurante.

Aujourd’hui je pense que c’était une bonne chose. Elle a vu petit à petit qu’elle était capable de faire des choses, qu’elle pouvait sortir de la maison, prendre plaisir à des choses de la vie malgré une peur intense de temps à autre. Mais pour cela il fallait que MON comportement change : au lieu de l’aider (= supprimer le problème), il fallait que je l’accepte.  Il fallait lâcher prise. C’est une tâche ardue pour un parent qui voit son enfant souffrir. Il fallait que j’accepte que les choses étaient telles qu’elles étaient pour le moment, qu’au final la seule chose utile que je pouvais faire c’était d’être là… être là comme un roc, imperturbable, solide, sur lequel on peut grimper si on a l’impression qu’une vague va nous submerger. Et la vague elle vient, elle mouille, puis s’en va…

Cela nous a beaucoup appris. En 6 mois nous étions dépouillées de choses superflues. Seules les choses importantes sont restées, tout le reste est passé à la trappe (voilà entre autres pourquoi vous n’avez pas reçu de newsletter depuis  presque 5 mois :-)))) Car au fond, l’essentiel, pour nous, ici et maintenant, c’est l’amour, être ensemble, et vivre chaque instant comme un cadeau.

Pourquoi je partage tout ça avec vous ? Car je pense que c’est en lien avec mon travail, mais aussi avec le travail que ceux qui me consultent ont à faire : acceptation et lâcher-prise. Sans acceptation du problème il ne peut pas y avoir de solution. Si on travaille « contre » quelque chose, on y est toujours lié.  Alors  cela ne sert pas à grand chose en gros. Mais si on accepte l’état actuel des choses, sans s’y résigner bien sûr, mais qu’au plus profond de soi on se dit, oui, pour l’instant c’est comme ça, je fais avec, et on parvient à lâcher prise, c’est alors que la solution va se présenter. Pas tambour battant, pas instantanément, mais lentement et sûrement.

Je ne sais pas ce qui va se passer en septembre, à la rentrée, je ne sais pas si les crises sont définitivement terminées ou si on a juste une assez longue période de répit, mais peu importe. Je sais que je suis là pour elle, elle sait qu’elle peut compter sur moi en toute circonstance et et je sais que je vais gérer…. d’une façon ou d’une autre ,-)

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